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Mauritanie-nette Version imprimable Suggérer par mail
25-07-2007 (403 lectures)
Mauritanie-nette
                 Par
Mohamed Mahmoud Ould Maloum
 " Il y a deux choses auxquelles il faut se faire sous peine de trouver la vie insupportable : ce sont les injures du temps et les injustices des hommes"
Chamfort

  La question des réfugiés est un peu comme les  «matriochka », ces mini poupées russes empilées les unes dans les autres, à chaque fois que vous en sortez une, l’autre se pointe encore plus grande. Si vous ne prenez garde, vous risquez de rater l’agencement subtil et vous semez la cacophonie dans le dispositif.
Il y a trois aspects imbriqués dans ce dossier, l’humanitaire, le juridictionnel et le pénal  en plus du volet politique de la cohabitation inter communautaire ou plus vulgairement, le partage du gâteau de l’Etat post colonial, seul pourvoyeur de subsides.
Dans ce registre Il y a à trancher entre trois approches, aux conséquences politiques singulièrement différentes :
 1-La justice et la réconciliation : c’est le modèle de Nuremberg. Cette solution a été choisie après la fin de la seconde guerre mondiale, son succès est dû au fait de la large victoire militaire des alliés sur les forces de l’axe, on parlait alors de justice des vainqueurs.
Sous nos cieux, elle comporte des dangers pour la cohésion nationale, dans un Etat fragile et une société décomposée et sortant de 20 ans de destruction de repères.
 2-La commission vérité et réconciliation : les victimes et leurs bourreaux dans un ultime face à face dont le but est d’assurer le pardon, c’est une  réconciliation sans passer forcément par la case prison. Cette approche a permis aux Africains du sud d’éviter la vengeance aveugle.
 3-La commission pardon et réconciliation: l’option marocaine était la plus simple. Les victimes étaient entendues au tribunal racontant leurs calvaires. Le choix de la catharsis en groupe suivie d’une reconnaissance, un pardon et une  indemnisation des victimes
 En Mauritanie, il y a deux forces centrifuges, deux protagonistes du chaos dont le face à face sanglant est à l’origine de cette virée de dix huit ans.
Le colloque monocolore qui eut lieu sous l’égide de figures historique du nationalisme arabe agissant, suivi de la déclaration du président d’une aile minoritaire des réfugiés, affiliés aux FLAM, demandant le jugement immédiat de tous les gens impliqués dans cette tragédie, ne peut que me faire craindre le pire. Une nouvelle escalade verbale des deux extrêmes, en 1989 cela avait aussi commencé de cette manière là…
La solution marocaine me semble la plus idoine,  à court terme, pour nous éviter le pire.
Rien n’empêchera le jour ou les mentalités seront apaisées d’aller plus loin dans la recherche de la justice.
 
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