15-06-2007 (1942 lectures) Quand je vois les réactions suscitées par la malheureuse coupure d’électricité au Parlement lors du discours prononcé par notre PM, je me marre. Non pas à cause de ces instants de noir qui ont plongé nos élus et leurs patrons dans la plus grande confusion, mais surtout en pensant, avec mon esprit bien retors, au brave pioupiou qui a (par inadvertance?) provoqué ce mini raz-de-marée. Car, en bonne tortueuse que je suis et en mini adepte de la théorie du complot international, je ne peux m’empêcher de penser que cette coupure n’a rien eu de hasardeux. Et quoi? Voilà Nouakchott soumise aux diktats d’une centrale électrique en plein marasme et qui, par-dessus le marché, crève de soif, et qui fait profiter nos élus des joyeusetés endurées par tout un chacun quotidiennement. Cela s’appellerait, sous d’autres temps, le partage des richesses. Et comme au point de vue richesses, nous n’en avons pas beaucoup, rien de plus logique que nos VIP goûtent un peu aux manques. Et je proposerais bien à ou aux anonyme(s) courageux qui ont fait de la séance du Parlement un moment de grande solitude, la palme du civisme. Attention ne me faites pas écrire ce que je n’ai pas pensé (ahah): à savoir que la coupure d’électricité participerait d’un mini complot et relèverait plus de l’acte de sabotage. Ceux qui voudraient lire en ces lignes une accusation ainsi formulée n’en seraient que plus grincheux.
Non. Moi je dis simplement que la nature ayant horreur du hasard, c’est tout moi d’imaginer des actes réfléchis derrière de banales coupures de courant. Bref. À tout mal il y a un bien (argument des optimistes); et j’ose espérer qu’avoir vécu de brefs instants dans le noir poussera nos huiles à se bouger afin d’arranger une situation connue par des milliers de mauritaniens tous les jours. Et quand je dis «solution», je ne parle pas, bien entendu, du discours maintes fois recensé qui voudrait que les fautifs des pannes de courant soient les mauritaniens eux-mêmes et voudraient nous faire passer pour des citoyens peu civiques qui se jettent sur la clim dès que les températures dépassent les 38°. D’abord, des Mauritaniens qui possèdent la clim il n’y en a pas tant que ça et les adeptes des douceurs réfrigérées habitent plutôt dans les quartiers chics. Donc, si on suit la logique du discours de la Somelec, pas mal de nos VIP sont en grande partie les fautifs. De plus, on peut admettre la théorie de la surconsommation (réelle en période de canicule) énergétique car ceux qui ne sont pas VIP utilisent des ventilateurs. Rien que de plus normal. Mais des quartiers entiers n’ont pas l’électricité. À ceux-là je ne peux que conseiller de s’acheter des éventails; je ne peux rien pour eux et, apparemment, les gens qui nous gouvernent non plus. Donc je ne parlerais pas de ces catégories de crève la soif et de nyctalopes (vous savez, ceux qui voient la nuit?!). La nature humaine étant à l’aune de l’adaptabilité, chacun fera comme il pourra. N’empêche: voir un PM plongé dans le noir lors d’un discours important est un grand moment de jouissance, même s’il ne devrait pas l’être. Mais je suis méchante, vous le savez tous. Et je rigole doucement; car la panne «blasphématrice» (si ce ne fut pas un crime de lèse majesté…) a eu d’autres vertus apparemment: celle de faire que certains députés se sont invectivés allant jusqu’au ridicule de se reprocher certains votes. Comme quoi: une malheureuse panne de courant dans l’arène de la République peut avoir des effets surprenants. Mais peut-on reprocher à des élus dans l’obscurité de perdre leur calme? Certains n’ont peut-être pas l’habitude des coupures intempestives et les plus prévoyants ont sûrement des groupes électrogènes. Décider de l’avenir du pays entre deux pannes est un sport de combat. La preuve… Mais je ne peux m’empêcher aussi de plaindre notre PM. En voilà un grand moment de solitude pour lui! Et comment? Voilà l’homme le plus puissant de notre pays s’adressant à ses pairs et qui se retrouve comme le dernier péquin dans les ombres de la République. Pas glop comme truc. Cela peut aussi s’appeler l’apprentissage des dures réalités de notre pays et s’apparenter à un rite de passage. Si ce n’était dramatique, je me roulerais par terre de rire. Mais bon, faut pas pousser mémé… Si je pouvais souhaiter autre chose, ce serait qu’après la panne de courant anticonstitutionnelle il y ait une panne d’alimentation en eau tout aussi insolente. Car Nouakchott, comme le reste du pays, ne souffre pas que du manque en électricité mais aussi du manque d’eau. Et du manque d’infrastructures. Et, et , et,… Chacun y mettra ce qu’il voudra. Vous avez remarqué que cette chronique fourre tout et sans queue ni tête fait quand même du bien? D’accord ceux qui n’aiment que les discours alambiqués et pompeux où tout un chacun se doit de disserter sur la RIM avec des mots savants n’y verront qu’un amas de conneries à mépriser. Mais moi elle me fait du bien et je suis sûre qu’à vous aussi. Et qu’il n’y ait pas de mal à dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas: «bien fait au PM d’avoir été interrompu par une panne de courant; les citoyens c’est tous les jours qu’ils subissent cela. Alors les atermoiements et les cris émanant de l’Assemblée on s’en bat un peu le coquillard». Car pérorer sur le couac de l’Assemblée ne fait pas avancer le schmilblick; surtout sous les regards des gens qui meurent de soif dans les nuits de canicules. Salut. Ps: on me reprochera sûrement d’avoir proposé des éventails aux miséreux. Idée pas plus conne qu’une autre que l’on devrait coupler avec la distribution de bougies (Quand on ne peut rien autant innover dans l’absurde, non?) Il se trouverait alors des petits malins pour aller en offrir au Parlement. Que misère!!!! Mariem |