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03-02-2010 (521 lectures)
Injustice criante
Après avoir rendu service à la patrie, 27 ans sous le drapeau, le caporal  Abou Demba Diallo a été mis à la retraite, sans aucun  autre droit qu’un renvoi pur et simple, comme un malpropre. Il ne touchera aucun de ses droits et ne profitera pas de sa pension de retraité, ni même du transport libéral. Il a été «libéré», comme on dit dans le jargon militaire, c'est-à-dire, révoqué de l’armée, le 22 octobre 2008, alors qu’il traînait blessure. Souffrant dans sa chair et après avoir bénéficié d’une période de repos, le voilà accusé de désertion. Muni de ses justifications médicales et d’un certificat de repos, le voici jeté en prison. C’est là «ma première sanction disciplinaire». […] « Depuis mon incorporation dans l’armée nationale, le 1er août 1981, je n’ai jamais été sanctionné. Je ne me suis jamais absenté de mon service.» L’homme souffre, depuis deux ans, de cette injustice criante et demande réparations. Il ne cesse de saisir le chef de l’Etat, chef suprême des armées, mais toutes ses réclamations sont restées vaines. Sans aucun revenu, ce père de sept enfants traverse une passe difficile. L’ex-caporal, matricule 81.271, était en service au centre de formation technique de l’armée nationale, à Rosso. Il s’est fracturé, le 10 septembre 2008, à son domicile, au camp des mariés de Rosso. Il suivra des soins à l’infirmerie de la garnison et à l’hôpital régional. Le 13 octobre 2008, il est convoqué par le commandant de l’unité qui lui intime l’ordre de se rendre à l’état-major. Diallo et ses trois frères d’armes étaient munis d’un certificat d’alignement en vivres, tenant lieu de mise en route. Le commandant de Bataillon de Commandement et des Services (BCS) lui notifie, le 22 octobre 208 sa révocation, et ce après 27 ans de service. Diallo est titulaire d’un certificat d’aptitude n°2 d’infanterie et devait passer au grade de sergent. Meurtri, Diallo Abou demande, aujourd’hui, au général Ghazwani de «tout mettre en œuvre» pour qu’il puisse recouvrer ses droits.

Journée mondiale des lépreux: lutter contre les stéréotypes

En Mauritanie, 1.300 cas sont soignés mais beaucoup se cachent. La lèpre reste, encore, taboue.  Cette révélation a été faite, le 31 janvier, à l’occasion de la célébration du 57ème anniversaire de la journée mondiale des lépreux, placée, cette année, sous le thème de la «lutte contre la marginalisation».La lèpre subit, encore, les tabous, les superstitions et l'ignorance. Trente ans après le lancement du programme national de lutte contre la lèpre, la maladie ne disparaît pas. En 2003, 1.300 lépreux étaient en traitement et plus de 100 nouveaux cas auraient été dépistés; mais tout le monde s'accorde à dire que les chiffres officiels sont en dessous de la réalité. Il y a bien 13 hôpitaux régionaux et 53 centres de santé, une infirmerie dédiée aux lépreux à Nouakchott, mais le déficit en formation se pose, avec acuité. Et  le pays manque, aussi, de structure d'insertion. Pour le président de l'Association Mauritanienne pour la Promotion des Handicapés par la Lèpre (AMPHL), Ahmedou Ould Ahmed Oumar, «la lèpre est une maladie comme les autres, parce qu'elle se soigne, mais c'est une maladie différente, parce qu'elle est sociale». Elle entraîne l'exclusion des personnes qui sont condamnées à se cacher ou à mendier. Ahmedou Ould Ahmed Oumar a estimé que son association a pu offrir un emploi à soixante personnes handicapées de la lèpre, chefs de famille à Nouakchott, à travers le projet de gardiennage des voitures dans les places publiques. L’AMPHL a aussi réalisé 189 opérations chirurgicales, gratuites, au profit des lépreux au Brakna, Gorgol, Guidimakha, Assaba et Nouakchott. Le président de l’AMPHL espère que le ministère de la Santé procèdera au dépistage précoce des malades lépreux et leur fournira le traitement préventif afin qu’ils n’atteignent pas le stade du handicap. Il souhaite que soit instituée une formation, au niveau du centre national d’orthopédie et de réadaptation fonctionnelle, de spécialistes en orthopédie et en kinésithérapie, au profit des handicapés de la lèpre.
L’association a, par ailleurs, mis en œuvre des projets d’activités génératrices de revenus, au bénéfice de familles, gérés par des personnes souffrant d’incapacités dues à la lèpre. Aujourd'hui, ils sont 32 lépreux à surveiller les Mercedes flambant neuves qui côtoient des tas de rouille fatigués, dans les 17 parkings de Nouakchott. Tous membres de l'AMPHL, ils font vivre 300 personnes avec un salaire variant de 15 000 à 40 000 ouguiyas.
A noter qu’une minute de silence a été observée, lors de la cérémonie commémorant la journée, à la mémoire de Timéra Bakary,  représentant, en Mauritanie, de la fondation Raoul Follereau, disparu en mars dernier. Qu’Allah l’accueille en son Saint Paradis, amine.

Les douanes  en fête  
C’est  sous le thème: «les douanes et les institutions: amélioration des capacités sur la voie du partenariat»; que les douanes mauritaniennes ont célébré, le 26 janvier dernier, la journée internationale des douanes. Selon le directeur général de l’institution, le colonel Dah Ould El Mamy, ses services ont pu, «en dépit de la conjoncture difficile prévalant pendant l'année 2009, réaliser les objectifs et prévisions fixés pour l'année 2009, avec un taux de 102,46%. De fait, on estime que, sur un montant de 65 milliards de recettes prévues, près de 66,6 milliards ont été réalisés, malgré la réduction de la pression fiscale sur les denrées qui ont un impact, direct, sur la vie du citoyen, notamment les produits alimentaires, les médicaments et les nouveaux bus pour le transport en commun.»
Le Directeur général a passé en revue les réalisations accomplies au niveau de la modernisation et de la réforme des procédures douanières, de l’organisation des services administratifs et de l’assistance technique.
Auparavant, le ministre des Finances a engagé les douaniers ‘’à redoubler d’efforts pour réaliser des performances toujours meilleurs, car la tâche qui leur incombe est immense et nombreux les défis à surmonter pour l’accomplir.’’

Etat de santé de la Santé : criant diagnostic
La 10ème revue annuelle du secteur de la Santé s’est déroulée, du 26 au 28 janvier dernier, à Nouakchott. La rencontre, qui a regroupé les partenaires au développement, avait, officiellement, pour objectifs d’évaluer l’action du département de la Santé, au cours de l’année écoulée, de discuter les problématiques qui préoccupent les pouvoirs publics, les acteurs et les partenaires au développement, en vue d’assurer, aux populations, des services de santé de qualité, et d’examiner, enfin, le projet du plan d’action triennal et le plan opérationnel, en vue de leur validation.
Trois jours durant, les participants ont planché sur les thématiques suivantes: l’amélioration de l’accès aux services de santé de qualité, à tous les niveaux de la pyramide sanitaire; la lutte contre la maladie; l’évaluation de la performance du système de santé; la garantie d’un financement adéquat et équitable pour tout le système de santé et les mécanismes d’incitation à sa meilleure performance.
Le coordinateur général de la coopération espagnole, président du groupe sectoriel Santé, a, dans un réquisitoire sans concession, estimé que, malgré tous les efforts accomplis, au cours des dernières années, le secteur de la Santé, en Mauritanie, reste «en deçà des objectifs fixés. Le gap pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement reste très important. Atteindre ces OMD demande une augmentation des ressources financières. Notre souhait est que le plan d’action représente le point d’inflexion de la courbe sur l’état de la santé, en Mauritanie, en même temps qu’il ouvre  la porte aux principes de la déclaration de Paris.»
 «En l’an 2015, date-butoir des OMD, six cibles sur onze pourraient être atteintes. Mais ce bilan, globalement positif, ne doit pas cacher la réalité que sur les cinq cibles en situation rouge, quatre appartiennent au secteur de la Santé. Le profil sanitaire du pays n’a pas changé, au cours des vingt dernières années. Des progrès ont été réalisés mais la dépense par habitant, 12,5$ en 2007, reste loin des 20$ recommandés, pour l’atteinte des OMD. La politique de déconcentration et de fondation de directions régionales à l’action sanitaire semble aller dans le bon sens. Malheureusement, nous continuons à constater qu’on est très loin du 15 % du PIB, annoncé lors du sommet d’Abuja, en 2002. Le gouvernement mauritanien doit faire face à un défi énorme. Les indicateurs de mortalité maternelle et infantile nous le rappellent, tous les jours. Le plan d’action 2010-2012 peut être un instrument utile, à condition», prévient le coordinateur général, «qu’on lui donne les moyens, la cohérence nécessaire et qu’on réponde aux problèmes identifiés. Des réformes de fond doivent être impulsées, afin de palier au déficit d’efficacité et d’efficience de la dépense publique. Lorsque les ressources sont limitées, le choix, la priorisation est incontournable. Construire des nouveaux hôpitaux, indépendamment de la politique des ressources humaines, fonder de nouveaux services, sans résoudre les problèmes des services existants, ne semblent pas, a priori, des décisions soutenables.»

Colloque international de  Dakar: «Processus démocratiques en Afrique: Etat des lieux, Enjeux et Perspectives»
Un colloque de deux jours, sur le thème: «Processus démocratiques en Afrique: Etat des lieux, Enjeux et Perspectives»;  s’est tenu, du  28 au 29  janvier derniers,  à Dakar. La rencontre, qui a  regroupé des partis progressistes ouest-africains, était organisée par le  Parti Socialiste (PS) du Sénégal, en partenariat avec l’Union des Forces du Progrès (UFP) de la Mauritanie, avec l’appui de la Fondation Friedrich Ebert.
Plusieurs thèmes, relatifs aux «processus électoraux et enjeux démocratiques»,  aux «processus électoraux et questions institutionnelles» et, enfin, à l’«analyse critique des mécanismes internationaux de réaction face aux défaillances démocratiques», ont été abordés. Le professeur Ismaïla Madior Fall, le professeur Albert Bourgi et le professeur LÔ Gourmo Abdoul y ont présenté des communications, objets de discussions fort intéressantes et enrichissantes. Fruit d’échanges entre l’UFP de Mauritanie et le PS du Sénégal, sur la situation politique en Afrique, cette initiative méritait, à bien des égards, une réflexion plus approfondie entre des acteurs politiques, des analystes et observateurs de toute l’Afrique de l’Ouest, en vue de dresser un état des lieux, de situer des enjeux et de dessiner des perspectives. On a examiné, notamment, l’expérience démocratique des différents pays représentés, en particulier celle du Niger, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie et du Sénégal. Il a été constaté une régression, notable, dans la plupart des pays de la sous-région.
Les défaillances démocratiques dans les différents pays se manifestent, font remarquer les annales du colloque, «à travers la manipulation des lois et des textes constitutionnels, la confusion des pouvoirs, les dérives monarchiques, la corruption et le pillage des ressources publiques.» Les participants constatent, pour la déplorer et la condamner fermement, la récurrence des coups d’État militaires et civils qui constitue, actuellement, un sujet de préoccupation majeure. «En conséquence, les participants», lit-on dans la déclaration finale, «lancent un appel pressant, aux peuples, aux partis politiques, aux organisations de la société civile, à l’ensemble des acteurs, aux organisations régionales et sous-régionales africaines, pour une mobilisation des forces démocratiques, en vue d’un redressement salutaire.»
Constatant l’infime présence des femmes, dans les délégations des partis, les congressistes se sont engagés à étudier profondément la question et à lui apporter des réponses urgentes et salutaires. Ils ont, également, décidé de la mise en place d’une plateforme d’échanges d’expériences et de renforcement mutuel, d’une structure de veille démocratique, ainsi que la tenue d’un colloque annuel.
Une forte délégation mauritanienne était présente, avec  le président de l’Assemblée nationale,    Messaoud Ould Boulkheïr et  Mohamed Ould Borboss, de l’APP, Yahya  Ould Ahmed  Waghf et Aliou Ibra, d’ADIL,  Nana Mint Cheikhna, du RFD, Mohamed Ould Maouloud,  Ba Boubakar Moussa et Lô Gourmo Abdoul, de l’UFP.
 
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