30-12-2009 (1305 lectures)
C’est sous le signe de la « jeunesse au service du développement » que s’est tenu à Nouakchott du 27 au 28 décembre dernier, le forum national de la jeunesse. Ce conclave a permis d’identifier les besoins et aspirations des jeunes. Sa tenue s’inscrivait dans le but de préparer une politique nationale de la jeunesse et une stratégie pour son exécution. En outre, cette rencontre a permis de recueillir les avis des leaders jeunes et des autres partenaires sur le projet de politique nationale de la jeunesse et sa stratégie de mise en œuvre. Une sensibilisation des jeunes sur les objectifs du développement du pays a été également menée. Les organisateurs, en l’occurrence le ministère de la jeunesse, entendaient, par le biais de ce forum, sensibiliser les jeunes pour une plus grande implication au développement socio économique du pays mais aussi sur les grands défis auxquels ils font face. Le forum a incité à la création de mouvement associatif des jeunes capables d’accompagner l’évolution du pays.
Les initiateurs formulent le vœu qu’au sortir de ce forum, les éléments et outils nécessaires à l’élaboration de la politique nationale de la jeunesse et sa stratégie de mise en œuvre soient répertoriés. Un cadre adéquat à l’épanouissement de la jeunesse devrait être entamé. Les jeunes participants à cette rencontre venant de toutes les régions du pays sont prédisposés à s’organiser en associations dynamiques. Dans son intervention devant l’assistance, le secrétaire général de la CONFEJES (conférence des ministres de la jeunesse et des sports des Etats et gouvernements ayant le français en partage), Fall Youssouf a souhaité, qu’au cours des travaux de ce forum « toutes les réflexions convergent vers la mise sur pied d’un dispositif solide, opérationnel, efficace, actif, productif et bien structuré qui contribuera sans nul doute à renforcer l’épanouissement des jeunes de Mauritanie et à imaginer des programmes novateurs, réalistes et réalisables, des programmes qui, de par leur contenu et leur pertinence, susciteront une forte adhésion des jeunes, celle de l’Etat et des partenaires au développement ». La CONFEJES a décidé de mettre un expert en politiques publiques à la disposition du ministère. Selon son secrétaire général, la CONFEJES est prête à accompagner ce dernier, en vue de l’élaboration d’un document stratégique d’une « plus grande importance pour l’avenir des jeunes en Mauritanie ». Fall Youssouf a loué les efforts entrepris par la ministre de la Jeunesse pour sortir notre jeunesse de la situation de léthargie dans laquelle elle se trouve, depuis quelques temps. La CONFEJES compte accompagner le département dans la mise en place d’un dispositif mais également dans sa mission d’information, de formation et d’encadrement de la jeunesse.
Marasme chronique Présidant l’ouverture de la rencontre, le premier ministre mauritanien, Moulaye Ould Mohamed Lagdhaf, a indiqué qu’une jeunesse capable de relever les défis constitue l’unique arme dont disposent les pays récemment nés et où les jeunes de moins de 18 ans représentent la majorité de la population. Il a expliqué que la capacité de relever les défis passe inéluctablement par l’assurance d’un enseignement et d’une formation commodes à cette tranche d’âge. Le premier ministre a également souligné l’importance d’assurer un avenir pacifique des jeunes pour toutes les nations, surtout pour la Mauritanie islamique. « Une telle jeunesse aidera à conserver l’identité culturelle et la paix sociale dans un monde dominé par l’anarchie, les guerres, le tiraillement des intérêts, la concurrence économique et les chocs civilisationnels », a-t-il souligné. De son côté, la représentante du FNUAP à Nouakchott, Mme Diène Keïta, s’est félicitée de l’adoption de la charte de la jeunesse par le gouvernement. Selon les estimations actuelles, citées par Mme Keïta, environ 1 milliard de jeunes vivent dans le monde. Ce qui signifie qu’une personne sur cinq est au moins âgée de 15 à 24 ans ou que 18% de la population mondiale est constituée de jeunes. Les moins de 14 ans représentent 43,5% de la population mauritanienne alors que 60% de celle-ci ont entre 15 et 65 ans, selon des estimations officielles datant de 2004. En Mauritanie, la jeunesse constitue, estime Mme Keïta, une frange importante de la société. Elle en représente au moins 20%. Ainsi, sur 5 mauritaniens, au moins une personne est jeune. Selon les estimations de l’Office National des Statistiques, le nombre de jeunes en 2010 serait estimé à 657.000 personnes. « Les jeunes mauritaniens sont exposés à des défis multiples, affirme Mme Keïta. Dans ce cadre, ils ont des droits à recouvrer dans des domaines multiples : la santé, l’éducation, la formation, l’emploi, la culture et le sport. Mais, ils ont aussi des devoirs qui doivent leur être inculqués. Le civisme, l’utilisation maximum des savoirs qui sont mis à leur disposition afin qu’ils puissent réaliser pleinement leurs aspirations. Il est vital que ces devoirs et droits soient pris en compte le plutôt possible dans leur existence ». L’organisation de ce forum présente, indique-t-elle, une opportunité à saisir afin que les jeunes puisent s’exprimer librement, qu’ils puissent rêver d’un avenir radieux et durable. Ces rêves et ses aspirations doivent être traduits en stratégie claire assortie d’un plan d’action réaliste dont les jeunes devront être les principaux partenaires de mise en œuvre. Ce plan d’action doit tenir compte des besoins spécifiques des jeunes filles. 600 jeunes issus des régions du pays , des départements de Nouakchott et des associations de jeunes ont pris part à ce Forum National de la Jeunesse au cours duquel ils ont débattu de thèmes aussi variés que le rôle des jeunes dans l’Islam, la position et le rôle des jeunes dans la société mauritanienne, le rôle des jeunes dans le développement économique et le cadre stratégique de la politique nationale de la jeunesse. Des communications se rapportant au cadre stratégique de la politique nationale de la jeunesse et sa stratégie de mise en œuvre ainsi que la charte Africaine de la jeunesse ont été faites. Il s’agira, à travers l’organisation de cette rencontre de permettre de redynamiser la scène des jeunes dans ce pays, soufrant, de l’avis de tous, d’un marasme chronique. THIAM MAMADOU |