20-08-2009 (1041 lectures)
Après le passage, catastrophique, de Sidi Ould Samba, à la tête du Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, marqué par l’organisation de manifestations, folkloriques, onéreuses et sans réelle portée sur le terrain, c’est une femme qui vient d’être placée aux commandes du département.
Auparavant directrice du tourisme, madame Cissé Mint Cheikh Ould Boide participé à l’élaboration et à la mise en place d’une stratégie nationale de développement touristique. Remarquée dans le développement de divers projets, elle s’est particulièrement appliquée à l’organisation, à la réglementation et à la normalisation du secteur, puis à l’encadrement de l’exécution de la politique de développement touristique, en partenariat avec les PTFs (Partenaires Techniques et Financiers). Directrice-adjointe de l’Office National du Tourisme, elle a participé au montage institutionnel de l’établissement. Elle a contribué à faire connaître la Mauritanie, en tant que destination touristique, à travers la participation, active, aux salons spécialisés en matière de tourisme et conférences internationales : SMT de Paris, Top Resa de Dauville, ITB Berlin, Fiture Madrid, etc. Madame Cissé a développé des contacts avec des partenaires stratégiques pour le tourisme mauritanien, notamment les tours-opérateurs, les journalistes spécialisés et les groupes d’investisseurs, dans le domaine de l’hôtellerie, le tourisme et la formation. Elle a élaboré des études marketing pour le développement de produits et marchés touristiques nouveaux. Madame Cissé a aidé à l’évaluation et au suivi de l’impact socio-économique du développement du secteur du tourisme en Mauritanie, en vue de l’élaboration d’un compte-satellite (effets quantitatifs et qualitatifs du secteur). Elle est également administrateur des régies financières. La nouvelle ministre aura de nombreux défis à relever, dans un département difficile. Elle lui faudra assumer, notamment, la dure nécessité de sortir de l’ornière et de relancer un sport mauritanien cahoteux, une jeunesse délaissée et une culture en léthargie. Elle devra booster des pans entiers d’un département profondément endormi et ronflant. Depuis plusieurs années, ses trois domaines de référence sont empêtrés dans des difficultés inextricables. Le sport patauge dans la médiocrité ambiante. Les structures de jeunesse sont obsolètes, en raison de l’amateurisme qui les caractérise et d’une gestion qui en écoeure plus d’un. Le département ne parvient, toujours pas, à se faire respecter des associations nationales dont la majorité baigne dans l’illégalité. Empêtrée dans les profondeurs du classement de la FIFA, la sélection nationale de football n’est plus que l’ombre d’elle-même. Sans calendrier de préparation et sans moyens, les Mourabitounes auront-ils cœur – en ont-ils vraiment? – à défendre, au mois de novembre prochain, à Nouakchott, les couleurs nationales? Après deux échecs aux portes des demi-finales et de la finale, l’objectif, à domicile, sera de glaner un trophée encore convoité. Le public sportif attend, d’ailleurs, la confirmation, par la nouvelle ministre, de l’organisation du tournoi Amilcar Cabral. Son prédécesseur s’était autoproclamé président de la commission d’organisation de ce tournoi. De drôles de manière de tirer les ficelles d’une compétition surfacturée. Financièrement, s’il était besoin de le préciser. La dynamisation du sport féminin, un domaine où les Mauritaniennes ne se bousculent pas, pourrait constituer une des priorités de madame Cissé. Le manque d’infrastructures, tant pour le sport que pour la jeunesse et la culture, constitue de véritables écueils à l’épanouissement des acteurs culturels et à l’émergence de sportifs de renom. Une réhabilitation des ouvrages existants et l’édification de nouveaux pourraient pallier au déficit actuel. Dans un sombre contexte de raréfaction des ressources financières, la jeunesse mauritanienne, délaissée, reste en proie à des difficultés énormes, notamment au niveau de l’accès à l’emploi La mise en œuvre d’une véritable politique nationale, pour les jeunes, se pose avec acuité. D’autant plus que ceux-ci sont confrontés à des situations complexes et multidimensionnelles, bouleversant leurs critères d’appréciation de la dynamique sociale et des dispositifs mis en place par l’Etat. Classés parmi les groupes les plus exposés aux problèmes de santé, d’éducation, d’insertion sociale et de pauvreté, les jeunes Mauritaniens élèvent, cependant, leurs aspirations, dans un monde marqué par la globalisation des échanges, qui réduit la planète en un ensemble de plus en plus petit, rapprochant les hommes et les cultures par le développement des moyens de communication. Demande grandissante, offre sans cesse réduite : désespérances et révoltes en perspective… Ce que ne semble guère craindre l’Etat qui continue, imperturbablement, de marginaliser la jeunesse, dans ses choix budgétaires, orientant le peu de ressources dont il dispose vers d’autres secteurs jugés prioritaires, comme la construction des prisons et le tout-sécuritaire…. Souhaitons, en tout cas, à madame Cissé de pouvoir baliser, au moins, un vaste chantier, visant à offrir, à la jeunesse mauritanienne, des possibilités de s’épanouir et de se prendre en charge, pour une meilleure intégration sociale. Pour cela, la nouvelle ministre devra mettre en place des structures de réflexion et de prise de décision, avec une participation, réelle et efficace, des jeunes, dans les processus qui les concernent. THIAM MAMADOU |