25-08-2010 (266 lectures)
Parmi les nombreux paramètres susceptibles d'assurer l'efficacité de la lutte contre Al Qaïda au Maghreb, la cohésion entre les Etats régionaux concernés n'est pas le moindre. En soutenant que le président malien avait été informé, à temps, du raid anti-AQMI du 22 juillet, le président mauritanien rappelait-il cette évidence ou cherchait-il à lui nuire, lors de son dernier entretien avec " Jeune Afrique " ? Notre confrère malien Adam Thiam, dans son éditorial du 17 août, in " Le Républicain ", opte pour la seconde hypothèse. Est-ce bien raisonnable ? C'est, en tout cas, renforcer la thèse qu'un des maillons faibles - sinon, "le" maillon faible - de la lutte anti-terroriste se situe dans l'ambiguïté des relations mauritano-maliennes. Ce faisant, on conforte la position d'AQMI au Nord-Mali, qui joue, non seulement, sur la carte de la " paix ethnique " malienne mais, aussi, sur celle de la diversité des priorités entre les Etats de la région, notamment le Mali et la Mauritanie. Ainsi que le soulignait Ian Mansour de Grange, dans notre édition du 04 août 2010 (" Réflexions saharo-musulmanes ") l'implantation d'AQMI au Sahara repose sur, au moins, un demi-siècle de " cécité politique ", notamment dans le règlement de " l'affaire touareg ". On ne peut pas dire qu'avant ATT, le Mali se soit distingué par une approche constructive d'un sujet qui, il est vrai, nécessitait et nécessite, toujours, une concertation intelligente et compréhensive entre, au moins, cinq Etats de la région (Algérie, Burkina Faso, Libye, Mali, Niger). Mais ne polémiquons pas. Disons, simplement, que la politique d'ATT nécessite une patience dont profite, conjoncturellement, AQMI. |