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Chronique
Autour d’un thé Version imprimable Suggérer par mail
25-08-2010 (132 lectures)

Je commence, aujourd’hui, par annoncer une mauvaise nouvelle aux récalcitrants que le mois béni du Ramadan n’a pas dissuadé de siroter indéfiniment leur thé. Les portes du Calame seront hermétiquement bouclées pendant deux semaines. Aucune permanence. Comme ça, nos encombrants amis, propagateurs d’informations souvent imprécises, suppôts de l’opposition – je ne parle pas de ceusses de la majorité, vous allez vite comprendre pourquoi – iront faire entendre leurs infâmes bobards ailleurs. En attendant, quelques derniers verres, «en plein dos» de l’interdit du Ramadan. Chers lecteurs, je vous fais une confidence. Ecoutez bien. Dans quelques semaines voire quelques jours, le Calame adhérera à l’Union Pour la République. Son patron sera-t-il reçu par le président ? Peut-être. Nous serons, enfin, membres de la majorité. En cela, nous serions les derniers à avoir reconnu la légitimité de Mohamed Ould Abdel Aziz. Encore un mérite. Conséquences: nous déménagerons dans de spacieux locaux. Nous serons de tous les voyages présidentiels. Nous assisterons à toutes ses rencontres avec la presse. Nous serons un journal de l’UPR et non du RFD, de l’APP ou de l’UFP. Sinon, comment comprendre qu’en une seule semaine, deux hauts responsables du système Aziz débarquent dans nos locaux, en plein jour, sans masque, sans turban, sans détour. L’un est le wali d’une grande wilaya. Lecteur assidu du journal. Serviteur, selon ses propos, des populations de sa wilaya.

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Mémoires d’un enseignant (32) Version imprimable Suggérer par mail
25-08-2010 (153 lectures)

Il fallut plusieurs semaines, après la mort tragique de Cheikh Ould Oueidatt, pour que le village de Mbarwadji reprenne son calme habituel. La boutique du défunt était, maintenant, gérée par son demi-frère, El Hassen, un à peine adolescent que les parents du commerçant assassiné avaient fait venir de Richard Toll, où il tenait une petite échoppe. Son accoutrement peu adapté, ses manières et les quelques mots wolofs qui coloraient son Hassanya en disaient long sur sa volonté, manifeste, de ne pas trop durer dans un coin si peu attrayant. Nous étions à un mois des vacances scolaires. C’était, probablement, ma dernière année dans cet adebaye. Le directeur régional m’avait promis, lors de son dernier passage, une promotion.
En mai, la vie devint de plus en plus difficile. Une chaleur torride, assortie d’un régime alimentaire drastique. Un riz local très passable, à la sardinelle, le jour, et un couscous pratiquement de la même qualité, le soir. Exceptionnellement, un pain, ramené la veille de la ville, constituait la base d’un petit déjeuner, ordinairement aléatoire. La viande était un véritable luxe. A Mbarwadji, pas de boulangerie, pas de boucherie, pas de blanchisserie. Les baptêmes, les mariages ou la visite d’une autorité – hakem, commandant de brigade, grand marabout ou éminente personnalité de la tribu, classiquement – constituaient les seules occasions de festin. Un soir, aux environs de dix-sept heures, je remarquai, de retour de l’école,  que tous les hommes du village s’étaient regroupés chez mon logeur, Ahmed Ould Bleil. Rien de grave.

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